CHRONIQUES/REVIEWS

DESOLATION/LITANIE'S SPLIT "CADAVRES"


  


Pavillon Noir Asso (France)


  Attaquons nous maintenant à une découverte assez récente, qui date de cet été, dans un domaine que j'affectionne habituellement peu, ce qui explique ma surprise : le black metal dépressif. De quoi s'agit-il? D'un split entre deux groupes, Désolation et Litanie, qui répond au doux nom de « Cadavres ». Le ton est donné. Après réception, la première remarque que je peux faire concerne le format : une bonne vieille cassette audio comme on n'en voit plus. Poussée de nostalgie, remontée de souvenirs, pensée pour ces innombrables cassettes de groupes inconnus de black metal au son plus crade les unes que les autres, aux ambiances inimitables. Mais je m'éloigne du sujet.

Parlons donc de Cadavres. Composé de six titres (trois de Désolation sur la première face, trois de Litanie sur la seconde), le split nous offre un black metal « dépressif » très sombre, très intimiste, assez intense. Les émotions qui s'en dégagent sont fortes, et ne manquent pas de nous toucher. Cependant, malgré la proximité des émotions provoquées par les deux groupes, force est de constater une différence marquée à l'écoute de leurs morceaux. Commençons par Désolation.

 

 

  Dès le début d'Ode à l'Annihilation : nous sommes accueillis avec un son dégueulasse, bien comme il faut, et une ambiance malsaine. Tout est posé. Le ton est déjà donné par le titre. Agressif, très haineux, le titre semble chargé d'émotion, et ce dès les premières secondes. Le son crade accentue la sensation de mal-être dégagée par la musique et la voix de Désolation, qui réussit à passer par moments pour non-humaine, tant elle est déformée, torturée, suppliciée. Le rythme de batterie, rapide et puissant, est soutenu par la guitare et la basse ; le style est moins intime et pesant que celui de Litanie, et est au contraire plus corrosif : il tient plus de la baffe dans la gueule que de la mélodie lancinante de l'autre groupe. Très malsain, il n'en est pas moins attirant par son côté sombre et mélancolique.

 

  Arrive alors Les Larmes de Sang : début à la guitare lent, pesant, nous laissant augurer de la suite. Rejoint par la batterie, le rythme reste relativement lent, du moins comparé à la première piste. Il accélère ensuite sur des hurlements déchirants, laissant clairement percevoir la tristesse et le désespoir qui caractérisent la voix de Désolation. Le son est lointain, caverneux, distant, comme si l'effet diffus était recherché. Puis, on observe un ralentissement de la mélodie, ainsi qu'un adoucissement de la voix (qui reste pourtant très torturée), qui semble plus nous parler que nous hurler sa douleur, donnant de ce fait un caractère plus intime à la deuxième partie de ce titre.

 

  Nous avons droit à une surprise, pour Déchirure : introduction acoustique très mélodique, douce, lente, mais triste, qui fait clairement ressentir mélancolie du morceau. Celui-ci se poursuit avec un thème saturé très lent et très pesant, difficile, mélancolique, lourd de ressenti et de désespoir. La lenteur du morceau fait ressortir avec d'autant plus de force les émotions qui l'animent : chaque instant est magnifié, exacerbé, savouré, subi, ressenti. Les sensations produites sont très fortes, les émotions envahissantes, on ne peut qu'y être sensible. Nous avons droit à une accélération vers la fin, qui permet à la voix de Veines Noires, qui remplace ici Désolation, et aux instruments d'évacuer toute leur douleur, leur rage, dans une explosion qui couronne le morceau, rapidement atténuée par une lenteur de plus en plus marquée dans le thème, jusqu'à l'extinction totale, tant des instruments que de notre ressenti, pour ne plus nous laisser qu'avec nos sentiments troubles, confus, mais bien perceptibles. Le vide ressenti est gênant.

 

 

  Litanie prend le relais, avec Postscriptum Postmortem : le morceau débute par un rythme de guitare lent, lancinant, et pesant, bientôt rejoint par une voix déchirée. Malgré l'accélération qui s'ensuit, l'atmosphère reste très intime, et nous plonge dans un état assez particulier, nous élevant toujours plus haut dans le ressenti. Le thème d'arrière-plan nous emporte, nous fait planer, nous met face à face avec notre mal-être et fait ressortir notre souffrance. Une réelle surprise, dans le black dépressif, me direz-vous. Pourtant, il y a un grain particulier dans cette musique, sans doute due à la voix, qui la rend très douce et gênante à la fois. La voix de Veines Noires pousse dans les aiguës, et transmet une ineffable douleur.

 

  Débute alors La Voix des Lames : l'introduction acoustique en arpège est rapidement suivie d'un enchaînement plus rapide et puissant que la précédente chanson. Plus haineux, on sent clairement la rage qui anime la voix de Veines Noires lorsqu'il pousse ses fameux cris de banshee. Plus rythmée, la chanson n'en est pas moins mélodique, et nous prend aux tripes, nous faisant évoluer dans une atmosphère plus agressive quoique moins triste ; effet compensé par la voix, très prenante, très émotive. Puis, par la suite, le rythme devient plus lent, plus pesant, plus dans le style du précédent morceau, pour nous faire ressentir avec d'autant plus d'intensité les tourments que vivent les musiciens et que, partant, nous avons en chacun de nous, à un degré plus ou moins élevé. La chanson se termine dans une explosion de haine et de désespoir dans la voix de Veines Noires, qui atteint un degré impressionnant dans les aiguës.

 

  Le dernier morceau, Fin, entreprend de nous achever. Le titre est révélateur, et illustré par le début de la composition ; celle-ci accélère sur un hurlement, pour créer une atmosphère conclusive, définitive, comme si nul espoir n'était plus envisageable. Rythmée, puissante, mais en même temps diffuse : l'effet est réussi. Nous sommes pris dans une tornade d'émotions pour le moins déplaisantes : la joie et le bonheur sont les grands absents de cette musique. Bien au contraire, seule la tristesse, la rage, le désespoir, le mal-être et la haine se laissent ressentir au travers de la musique, et surtout de la voix, par laquelle nous ne pouvons qu'être touchés. Puissance et émotion montent crescendo, jusqu'au hurlement final : seul le néant nous accompagne, tout est fini.

 

 

  Désolation et Litanie nous offrent ici une petite perle : dépressive, sombre, triste, malsaine, les qualificatifs sont nombreux pour définir la musique de Cadavres. Bien que théoriquement assez peu réceptif au dépressif, j'avoue avoir été agréablement surpris par cette cassette, qui m'a replongé dans de vieux souvenirs. Le format lui-même est un point marquant : ce choix est-il du à un purisme ou à un manque de moyen? A vrai dire, peu importe : le plaisir de mettre une cassette dans sa chaîne et de se laisser aller a un charme que le format industrialisé que représente le CD ne pourra jamais égaler reste entier. L'effet produit par le son très sale renforce le sentiment de mal-être produit par l'écoute de Cadavres, qui m'amène presque à reconsidérer mon avis sur le black metal dépressif. Après, ce style pousse à l'extrême une règle commune à tous les styles : on accroche, ou pas du tout. Soit on est conquis, soit on bloque. Et je dois admettre que, même si je suis le premier à m'en étonner, je suis conquis.


6 Novembre 2011

By Clément Schneider

 


The Executioner Zine (Italy)


  De manos del joven sello underground francés Unlight Order Productions recibí varias de sus ediciones en cinta, entre ellas este compartido entre dos bandas francesas hasta el momento desconocidas para mí. Por una parte tenemos a Désolation, dúo procedente de Limousin formado por Désolation (instrumentos de cuerda y voces) y Svartheim (batería) con toda una historia de ediciones desde el 2008 entre demos y compartidos (junto a bandas como Lamentations of The Ashen, Ruinaerus, Todessucht o Gestorben, entre otras). Sus compañeros de compartido son Litanie, una banda sobre la que no he encontrado información, aunque la foto que incluye la carátula de la cinta da la impresión de que sea el proyecto de una única persona.

  La cara A la protagonizan Désolation, y debo decir que me metí de inmediato en su Black Metal melódico y atmosférico, así como tremendamente melancólico, que sin duda recoge las influencias de bandas clásicas de la escena de su país como podrían ser Celestia, Seigneur Voland o Mortifera. Obviamente sus composiciones se mueven preferentemente sobre los medios tiempos de rítmica repetitiva, sobre los cuales se van desarrollando unas melodías gélidas y de tono más bien depresivo, acompañadas por los lamentos del señor Désolation, que pueden moverse desde unos gritos más bien agudos y gritados a unos susurros desgarrados, adaptándose muy bien a cada atmósfera. Pero no se mueven únicamente por esos terrenos, si no que van aumentando y disminuyendo las energías que desprende su música para llegar en algún momento a explosiones que despiertan la ira que está en ellos y arrancar con alguna parte rápida acompañada de blastbeats que demuestran tanto el que son capaces de engendrar temas variados como que técnicamente no están tan limitados como muchas bandas de su género, especialmente viendo lo bien que reparte el señor Svartheim a la percusión. Por lo que sin duda veo en sus tres temas una muy buena carta de presentación que, aunque pida un resultado algo más trabajado y equilibrado en el apartado de la producción, desprende un sentimiento y una atmósfera definitivamente recomendable para cualquiera que busque este tipo de sonoridades.

  Giramos la cinta y nos encontramos a Litanie, quienes, sin alejarse excesivamente de paisajes estilísticos, se adentran en tempos más estables y monótonos, melodías algo más ásperas y unas influencias que claramente tienden más hacia los primeros Burzum o bandas de identidad más depresiva, aunque también se les pueda notar algún refilón más propio de la escena francesa. Sus tres temas se mueven sobre terrenos algo más a medio tiempo, con pequeños subidones de energía pero que nunca se adentran en velocidades excesivas, sólo en el típico arranque de melodías/tupa tupa. A nivel de guitarras el trabajo no está mal; no inventan nada desde luego, o incluso se puede decir que les copian muchas ideas a un par de bandas, pero combinan bien las melodías gélidas con lineas algo más infernales que podrían hacer pensar en algún momento en los Darkthrone o Immortal más oscuros. En cambio, el apartado vocal no está siempre a la altura que uno esperaría, abusando por momentos de unos chillidos extremadamente histéricos que pueden llegar a saturar, cuando si se hubiesen usado en momentos muy concretos igual hasta serían un detalle correcto. En cambio, la percusión de nuevo me sorprende por estar bastante bien, teniendo en cuenta la cantidad de bandas de este tipo que tienen dicho apartado totalmente descuidado. A nivel global diría que resultan bastante más sosos y típicos, y el sonido también es mejorable en muchos aspectos, especialmente por la presencia que tiene la voz por encima de los instrumentos.

   Aún siendo un compartido algo desequilibrado en cuanto a calidad y personalidad, creo que vale la pena por la parte que ocupan Désolation.


By Jeroni Sancho

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